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Voilà des
décennies que les chercheurs du monde entier se penchent sur les aliments afin
d'évaluer l'impact de chaque aliment sur notre santé. Au tout début, il était
question des grandes catégories de nutriments (les macronutriments) : on
découvrait les protides, les lipides (graisses) et les glucides (sucres), on
les convertissait en « calories » (un aliment riche en lipides était très
calorique donc à éviter, par exemple) et c'était à peu près tout.
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Ces simples
déductions sont aujourd’hui dépassées et les connaissances s'affinent chaque
jour. On découvre que certains gras provoquent le durcissement de nos artères
et que certains autres, au contraire, les assouplissent. Des substances
présentes en petite quantité (les micronutriments : vitamines, minéraux,
phytonutriments, etc.) ne sont pas inutiles comme on l’a longtemps imaginé,
mais sont paradoxalement des éléments majeurs pour la santé.
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A ce jour,
aucune substance ne peut justifier et expliquer à elle seule l’action globale
d’un aliment. Une multitude de principes actifs agissent simultanément et
synergétiquement les uns avec les autres, les uns par rapport aux autres. Rien
ne peut remplacer l’extraordinaire complexité de l’action d’un aliment
naturel.
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Aucun
élément nutritionnel, si bon soit-il pour l’organisme (minéraux, vitamines,
nutriments ou autres), n’est sans danger pour sa santé, quand il est consommé
en abondance. Nous sommes programmés pour en recevoir des doses comprises dans
une fourchette au-dessous de laquelle se manifestent des signes de carence et
au dessus de laquelle apparaissent parfois des signes de toxicité.
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Une
substance alimentaire ne peut être assimilée que si toutes les substances qui
sont nécessaires à son métabolisme sont présentes dans l'organisme.
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L’action
(assimilation, tolérance...) des nutriments est différente pour chaque
individu. Tous ces nutriments pour être utilisés par notre organisme, sont
transformés en diverses substances ; l’ensemble de ces transformations est le
métabolisme. Comme nous l’avons tous appris, mais souvent oublié, la célèbre
loi de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée tout se transforme ».
Afin de fournir à notre corps tous les éléments indispensables, notre
alimentation doit être composée de ces divers nutriments.
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Les besoins
en divers nutriments dépendent de multiples facteurs, parmi ces paramètres
individuels on trouve le poids, le sexe, l’état physiologique (croissance,
grossesse, allaitement), l’activité physique, le climat. Notre alimentation
doit nous apporter ces divers nutriments dans une certaine quantité. Une
alimentation équilibrée respecte ces quantités et proportions. « Tout est
poison, rien n’est poison, c’est la dose qui fait la différence » Paracelse
(1493-1541).
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Le
qualificatif « essentiel » est utilisé pour désigner des nutriments qui sont
nécessaires à l’organisme, mais que celui-ci ne peut pas synthétiser; il est
donc indispensable que ces nutriments soient fournis par l’alimentation en
quantité convenable. On parle aussi de nutriment « indispensable ».
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Les
nutriments ont tous un cycle normal identique : apport par l’alimentation,
absorption par le tube digestif, transport par le sang ou liquide, stockage
par le foie ou divers organes ou tissus, utilisation par les cellules ou
excrétion en cas de non-utilisation. Au cours de ce cycle, les nutriments
subissent de nombreuses transformations pour s’adapter aux diverses
situations. Si les grandes étapes de ce cycle sont identiques pour la plupart
des nutriments, chacun a ses spécificités qui font qu’aucuns nutriments ne
sont identiques, toutefois on les a classés d’après certains critères communs
en grandes familles (lipides, vitamines, minéraux, etc.).
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Il est
aujourd’hui extrêmement courant de soigner ou de prévenir des carences réelles
ou présumées par des apports de divers nutriments (vitamines, minéraux,
phytonutriments, etc.) sous diverses formes pilules, comprimés ou autres, plus
ou moins naturels ou synthétisés. Cette option ne semble pas susceptible
d’être encouragée dans le cadre d’une alimentation saine et équilibrée, car
les nutriments doivent pour jouer efficacement leur rôle, être transmis par
les aliments naturels. A cette condition seulement, ils seront assimilés
correctement et utilisés à bon escient par l’organisme, car ils se trouvent en
proportion harmonieuses et en associations synergétiques. L’usage de
compléments alimentaires sous toutes formes, peut être assimilé à
l’automédication avec tous ses risques ; seuls les professionnels de la santé
devraient les prescrire après un contrôle effectif de carences éventuelles.
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La
première prévention contre les carences est une alimentation équilibrée et
saine exigeant variété et qualité. Il est vrai que l'alimentation moderne est
trop souvent déséquilibrée et de plus en plus déstructurée. Notre culture ne
tient pas compte de l’influence de l’alimentation sur la santé, malgré les
« recommandations » d’Hippocrate il y a deux mille quatre cents ans. Notre
éducation et notre formation à la vie ne laissent que peu de place à cet
aspect. Aujourd’hui, la prise de conscience collective modifie cette approche.
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